La musique dans l'éducation

Mylène Piché

J’ai feuilleté bien des pages avant d’en arriver ici. Je cherchais des preuves scientifiques pour démontrer que les arts ont une importance majeure sur le développement global des enfants. Je n’en ai pas trouvé.

 

Je n’en ai pas trouvé parce que les sentiments, qui sont l’essence même de l ‘art, ne sont pas scientifiques. Certes j’ai lu du baratin bureaucratique avec lequel j’aurais pu facilement remplir 2 pages, mais j’avais envie de réellement me questionner sur l’importance de l’art dans l’enseignement. Heureusement, je suis tombée sur un auteur des plus sincères, Robert Ressicaud, qui m’a un peu fait oublier que notre société confond trop souvent «création artistique » avec «distraction artistique».

 

Notre système scolaire préconise fortement le tandem math-français. Nous croyons important d’offrir des outils intellectuels solides aux jeunes de l’avenir; cela me semble tout à fait logique. Toutefois, qu’en est-il des outils émotifs… expressifs? Si je compare l’enfant à un arbre, je pourrais ainsi dire que l’on essaie de faire pousser des branches et des feuilles sur un tronc privé de sève. Drastique vous me direz? Pas du tout; à l’aube de l’an 2000, on définit l’individu en fonction de son rang social, c’est-à-dire en autres mots qu’on l’étiquette par rapport à ses capacités intellectuelles. Pas étonnant que le taux de suicide ne fait qu’augmenter chez les jeunes. L’on s’acharne à bâtir des programmes illusoires basés sur un seul et unique aspect de l’être : son intellect. Ainsi, nous transmettons aux élèves le message suivant : les sentiments ne vous mèneront nulle part… l’art ne vous mènera nulle part!

 

On éduque l’esprit, pas les sens, ceux qui font vibrer l’être pour l’empêcher de devenir stérile voire même automate. Selon Ressicaud, l’art est le mentor des sens, il est un puissant moyen d’expression lorsqu’il est bien canalisé. L’art permet de donner et de recevoir, chose que peu d’entre nous savent bien faire. Voilà pourquoi il est essentiel… parce qu’il influence notre perception émotive de la vie. Donc, vous n’avez pas besoin de moi pour tirer la conclusion clichée mais d’autant plus réaliste que l’art donne naissance à des êtres équilibrés qui fonctionnent mieux en société. Pas besoin d’être un génie pour comprendre cela.

 

Notre système scolaire dresse des enfants fauves, sagement disciplinés, aveugles aux signes de la vie. La musique qui pourrait les aider à se sortir de cet esprit de troupeau se limite souvent à un piète répertoire populaire tels Back Street Boys ou Spices Girls. Ils ne sont toutefois pas à blâmer car la musique commerciale leur est la seule réellement accessible. En ce qui concerne l’art, il se résume au bricolage du vendredi après-midi en compagnie d’un professeur généralement peu qualifié pour guider les enfants adéquatement. Ainsi, il est facile de constater que les arts n’ont pas la meilleure cote de popularité. Cependant, selon l’auteur, il est de notre devoir de transmettre un bagage artistique pertinent aux enfants… il a même ajouté que leur équilibre mental en dépendait.

 

Pendant que la pilule du bonheur, communément appelée prozac, est à son apogée , il est de plus en plus difficile de trouver un sens à l’existence. La société est désillusionné et peu de jeunes semblent avoir trouvé le chemin du bonheur… car c’est souvent quand on a quelque chose sous le nez qu’on ne le voit pas. Ainsi, une citation bien simple résume le contenu du livre La musique dans l’éducation : «L’enseignement de l’art implique la pédagogie du bonheur». Il ne nous reste qu’a l’appliquer….

 

 

 

Bibliographie

Ressicaud Robert, La musique dans l’éducation, Édition Val du Noir, Sathonay-Camp, 1978, p. 13 à 57.

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